Dent de cachalot - tabua

Désignation

Dent de cachalot

tabua

Création/Exécution

Fidji / Fiji

Océanie

Matière et technique

Dent(s) de cachalot (Physeter macrocephalus)

/ Sans modification

Mesures

Longueur en cm : 17.8 (à la pointe)

/ Largeur en cm : 5.4 (à la base)

/ Largeur en cm : 1.8 (à la pointe)

/ Epaisseur en cm : 4.6

/ Poids (en g) : 450

Numéro d'inventaire

MNC 86.3.14

Description

Dent de cachalot brute légèrement patinée.

Fonctionnement et contexte

Autrefois, la dent de cachalot ou "tabua" représentait une monnaie précieuse et hautement symbolique sur l’île Vitilevu (Fidji). Le Tabua, dent de la mâchoire inférieure du cachalot Physeter macrocephalus, possédait un sens spirituel et sacré pour les habitants de Viti. Muni d’une cordelette, à la manière d’un pendentif, le tabua était employé comme monnaie au cours des cérémonies de mariage ; on l’offrait aussi comme marque d’estime, pour réparer une faute ou obtenir une faveur.
Symbole féminin de fertilité, le tabua était également associé à la protection de l’esprit après la mort.
Avec le casse-tête, il accompagnait le défunt dans sa tombe afin de l’aider à traverser l’au-delà sans encombres. Le tabua est également présent aux îles Tonga.
Les tabua rouges étaient les plus cotés. On a longtemps cru que cette teinte était due à l’usure naturelle, mais la dent de cachalot était en fait « fumée ». Après polissage, on la plongeait dans un bain d’huile de coco, puis elle était suspendue sous un abri de branches et d’écorces. Un petit feu constitué de végétaux aqueux - comme la canne à sucre - dégageait une épaisse fumée noire qui colorait la surface huilée de l’ivoire. La dent de cachalot prenait au final une belle couleur rouge sombre et donnait l’impression d’avoir été sculptée dans un bois précieux.
Afin de préserver les tabua de la lumière, qui en ternissait la couleur, on les enveloppaient dans un morceau d’écorce.
Avant l’arrivée des Européens dans la région, tous les tabua provenaient de défenses de cachalot. Avec le développement lu commerce du santal à partir de 1804, des milliers de défenses d’éléphants ou de morses furent importées par les marchands qui eurent tôt fait de comprendre quel profit ils pourraient retirer d’un objet d’une telle valeur spirituelle. L’introduction de ces nouveaux objets par des étrangers bouleversa le système traditionnel d’échanges et de répartition des pouvoirs.
(Catalogue "Arts de l'échange en Océanie" Musée de Nouvelle-Calédonie 2001).
Photographie Eric Dell'Erba

Exposition

Exposition permanente close en 2019 Musée de Nouvelle-Calédonie 01/07/2019

"Arts de l'échange en Océanie" Musée de Nouvelle-Calédonie 07/02/2001 27/05/2001