Pelle

Désignation

Pelle

Création/Exécution

Paola-Poyes (tribu)

Poyes (District coutumier)

Touho (commune)

Paicî-Cèmuhî : Aire coutumière

Matière et technique

Bois indéterminé (xylème)

/ Sculpté

Mesures

Longueur en cm : 49.5

/ Largeur en cm : 23.5

/ Epaisseur en cm : 2.6

/ Poids (en g) : 692

/ Poids (en kg) : 0.692

Numéro d'inventaire

MNC 86.5.422

Description

Pelle monoxyle de couleur rouge, taillée et polie, formée d'une surface de bois plate de forme carrée aux bords arrondis agrémentée d'un manche comportant une fente longitudinale au centre de sa partie supérieure. Le manche se termine par un petit ergot à l'arrière.

Fonctionnement et contexte

En Océanie, le travail de la terre n’est pas désigné par le terme agriculture mais par celui d’horticulture, de hortus le jardin latin, renvoyant ainsi à un art des jardins et non à une production intensive en champ. Pour Jacques Barrau († 1997), agronome, enfant du pays qui dirigea le Muséum national d’histoire naturelle de Paris et André-Georges Haudricourt († 1997), linguiste et botaniste, tous deux spécialistes de la Nouvelle-Calédonie, seul ce terme était à même de rendre compte de la complexité et de l’attention portée aux jardins dans les pays du Pacifique.
Les kanak ont, au fil du temps, perfectionné leurs techniques culturales. De l'agriculture itinérante sur brûlis aux différents types de culture que nous pouvons observer aujourd'hui, ils ont développé un véritable art de cultiver la terre. Utilisant les plaines alluvionnaires comme les flancs de collines ou encore des parcelles de forêts, ils pouvaient réaliser d'importants travaux d'aménagement des sols avec des systèmes d'irrigation ou au contraire de protection contre les excès d'eau selon la destination du champ.
Avant l'apparition des pelles, pioches et barres à mine, l'outillage agraire kanak se composait essentiellement de pelles et de pieux de bois dur et de gourdins. La pelle pouvait s'utiliser telle quelle ou rallongée par adjonction d'un long manche pour les travaux de labour de terrassement et d'édification des billons d’ignames. Maurice Leenardt avait noté l'utilisation particulière de la pelle, utilisée jusque dans les années 1950: « la femme, à genoux, tient la spatule des deux mains, l'enfonce dans la terre meuble et ramène celle-ci. L'homme, debout, soutient passivement le manche et semble plus équilibrer que renforcer le mouvement de la femme à ses pieds ». Photographie Eric Dell'Erba

Exposition

Exposition permanente close en 2019 Musée de Nouvelle-Calédonie 01/07/2019