Bambou gravé

Désignation

Bambou gravé

Création/Exécution

Nouvelle-Calédonie : Pays

Matière et technique

Bambou indéterminé: chaume (Bambusoidée - Poacée)

/ Gravé (bois ou ivoire)

Noix de bancoul: suie (Aleurites moluccana)

/ Appliqué

Mesures

Longueur maximale en cm : 97.5

/ Diamètre maximal en cm : 5.5

/ Diamètre minimal en cm : 4.5

/ Poids (en g) : 510

/ Poids (en kg) : 0.51

B.S. Longueur maximum : 130

/ B.S. largeur maximum : 60

/ B.S. Hauteur maximum : 7

Numéro d'inventaire

MNC 91.1.1

Date d'entrée / prise en charge du bien

01/03/1991

Description

Légèrement courbe, ce bambou est différent de la plupart des autres qui sont en général plutôt droits. La patine dorée et la finesse des gravures sont remarquables. Le sens des motifs géométriques et figuratifs qui couvrent la surface du bambou demeure assez mystérieux. Le premier entre-noeud représente deux cases placées à chaque extrémité d'une allée centrale, elle-même encadrée par deux contre-allées bordées de pins colonnaires et de cocotiers. Le style des flèches faîtières qui surmontent les toitures ne permet pas de localiser la scène. Devant la grande case, deux hommes s'entretiennent. L'un d'eux fume la pipe. Dans la case opposée, se tient un personnage assis ou accroupi les jambes écartées. On distingue très nettement son bagayou, cache-sexe en écorce d'arbre battue (tapa). Au centre, deux perches arborent une bande de balassor*. L'allée semble encadrée par des plantations d'ignames : si l'on considère qu'elles sont dessinées selon un style très géométrique, on devinerait alors les petites buttes de terre (au-dessus des tubercules non apparents) et les tuteurs dirigeant les lianes vers les perches.
Le second entre-noeud est divisé en quatre registres différents, les uns à la suite des autres. Le premier représente divers poissons, suivi par une rangée de femmes au-dessous. On les reconnaît à leurs jupes ou robes, et pour certaines à la figuration de leur sexe qui dépasse du vêtement. Leurs coiffes sont assez originales et non identifiées parmi les styles connus. Elles se tiennent appuyées sur des cannes. S'agirait-il d'Européennes ou de Kanak ? Au-dessous d'elles, un alignement de cinq hommes tenant fusils à terre, puis un autre de six hommes positionnés à l'envers des précédents. Deux d'entre eux sont coiffés d'une aigrette, signe d'un haut statut social. Enfin, le registre se termine par sept personnages à la chevelure également surmontée d'un plumet.
Le troisième entre-noeud représente sept hommes, portant aigrettes et étuis péniens et se tenant les mains sur les hanches. Le reste est composé de frises géométriques formées par une suite de losanges unis verticaux inclus dans des bandes noires hachurées. Ce motif se répète en plus gros dans le quatrième entre-noeud. La présence des fusils atteste que l’œuvre est postérieure à l'arrivée des Européens, cependant on remarque que les hommes sont habillés en bagayou et non en manou (pagne en coton), vêtement qui s'est généralisé vers la fin du XIXe siècle. Peut-on alors en déduire que sa fabrication se situe entre ces deux moments de l'histoire ? Ce serait sans doute illusoire tant il est vrai que la réalité socio-historique et sa traduction artistique ne cheminent pas nécessairement du même pas.).

Fonctionnement et contexte

Le bambou gravé était utilisé d'abord comme bâton de voyage. On y introduisait des herbes magiques qui permettaient de se protéger et de se soulager de la fatigue du voyage. Il est difficile de dire si les bambous gravés correspondent à une tradition reculée. Ils sont signalés dans les écrits dès la fin du 18ème siècle et tous ceux que nous connaissons aujourd'hui ont été collectés entre 1850 et 1920. (la matière des bambous est fragile, ils se fragmentent en se desséchant et s'effritent, les vers de bois les rongent..). Le trait, souvent d'une grande finesse, est obtenu pour les plus anciens bambous gravés avec des outils rudimentaires mais parfaitement adaptés au caractère ligneux du support: morceaux de quartz, extrémités de pinces de crustacés emmanchés ou canifs. Lorsque le travail est terminé, l'artiste enduit le décor de suie ou d'une graisse dont la couleur noire est obtenue par la carbonisation de la noix de bancoule. Le mélange s'incruste dans les lignes et une fois le bambou essuyé, seule la couleur marque la gravure. (D'après le catalogue d'exposition "Entrevue sur Bambous kanak, de Genève à Nouméa" 2010)
Cet objet a été donné au musée en 1991 par La Société Le NickelPhotographie Eric Dell'Erba

Exposition

Exposition permanente close en 2019 Musée de Nouvelle-Calédonie 01/07/2019

"Nouvelles Acquisitions" Musée de Nouvelle-Calédonie 03/11/1994 16/12/1994

"Entrevues sur Bambous kanak" Musée de Nouvelle-Calédonie 27/03/2010 04/10/2010

Bibliographie

"Les arts kanak d'hier et d'aujourd'hui" Bonnet Vergara, OPT 2012

"Entre-vues sur Bambous kanak. De Genève à Nouméa" MNC 2010

"Demain en N.C." quotidien (préciser)

"Bonjour Calédonie" guide touristique 2005-2010

"Prêt pour l'aventure avec Timouss !" Musée Maritime de NC 2004

"Nouvelles Acquisitions" Catalogue d'exposition MNC 1994

"Télé 7 jours NC" magazine télévisuel (préciser)

"Les Nouvelles Calédoniennes" quotidien (préciser)