(scène de pêche au poulpe) - Sans titre - Dessin peint

Désignation

(scène de pêche au poulpe)

Sans titre

Dessin peint

Création/Exécution

Néporon Micheline (nom d'artiste)

  • NomNéporon
  • PrénomMicheline (nom d'artiste)
  • Notice biographiqueMicheline Néporon par Julia, Jessica Warnytan. Catalogue « Bambous Kanak, de Genève à Nouméa » 2011.
    Micheline Néporon est née le 8 octobre 1955 à Unia, Yaté, elle vit et travaille à Nouméa. Son engagement artistique commence dans les années 1970 où elle prend ses marques en suivant des cours de peinture avec Jean-Yves Le Bars (1983). Par la suite, elle effectue un stage de trois mois (en 1985) à l'office culturel scientifique et technique kanak (OCST), qui lui permet de faire évoluer sa technique et de diversifier les supports. Au fil des années, elle développe un style personnel propre, qui vise à montrer la cohabitation entre tradition et modernité et leurs conséquences sur les modes de vie de la société kanak. Ses nombreuses expositions collectives à Nouméa et à l'étranger, les rencontres, les voyages, lui ont ouvert l'esprit et permis de prendre conscience de la richesse de son héritage culturel : «Je ne peux pas créer sans me replonger régulièrement dans la tribu. C'est là que je capte, que je ressens les choses. Ce n'est pas ici, à la ville, où je vis pourtant la majeure partie du temps ».

    Micheline Néporon aime décrire les activités qui ponctuent la vie de tous les jours. L'œuvre « Scènes de la vie quotidienne » (Fig. 1) décrit ici toutes les facettes de la vie en tribu où les personnages s'emploient à leur tâche quotidienne, les mamans avec leurs enfants, les travaux des champs, la préparation du bougna, la coupe du bois... L'artiste montre aussi le rapport à la mer au travers de scènes de pêche traditionnelle à bord des grandes pirogues anciennes.
    L'aquarelle MNC 93.12.2 intitulée « Scène de pêche » présente des pêcheurs s'apprêtant à capturer un poulpe géant, munis de lances et de sagaies. Un des personnages dirige l'embarcation ; sur la plateforme au-dessus de la coque, des femmes et des enfants assis, contemplent le spectacle.
    La seconde aquarelle, MNC 93.12.1 plus symbolique, évoque la navigation en haute mer plus qu'une scène de pêche. Les personnages, dont deux hommes, l'un brandissant une hache et l'autre maniant le gouvernail, sont répartis de chaque côté de la coque. À leurs côtés, des femmes et des enfants s'agitent, deux d'entre-elles, au centre, ont les mains liées au mât par des bottes de paille. Lorsque l'on retourne l'œuvre à la verticale, apparaît la grande case avec les éléments d'architecture : les chambranles, gardiens de la grande case, les motifs en spirale rappelant les pétroglyphes, la flèche faitière et le lézard, probablement le totem de ce clan qui voyage. L'un des personnages porte une massue bec d'oiseau dans une main et, dans l'autre, la queue de l'animal, avec une autre botte de paille. La coque de la pirogue symbolise ici « la grande case » ...

    https://www.ville-ge.ch/meg/sql/musinfo_public.php?id=064815 ( collection en ligne du MEG)

    Deux événements ont fait sur elle une profonde impression et ont déterminé le cours de sa vie. Tout d’abord, du 3 au 7 septembre 1975, elle a assisté à Mélanésia 2000, le premier festival des arts mélanésiens de Nouvelle-Calédonie, organisé par le leader indépendantiste Jean-Marie Tjibaou. Pour Micheline Néporon, comme pour beaucoup d’autres Kanak, Mélanésia 2000 a été une révélation.
    Second événement déterminant dans le parcours de Micheline Néporon: après de nombreux petits boulots dans la restauration, comme femme de ménage ou dame de compagnie, elle a été victime d’une maladie cardiaque qui lui a valu deux mois d’hôpital. Pendant sa convalescence, elle a continué à dessiner comme elle le faisait depuis 1975. Elle a pris alors conscience de sa vocation et décidé de suivre des cours de peinture. En 1983, elle a étudié avec Giovanni Righi à l’Académie de dessin et peinture à Nouméa et en 1985 avec Jean-Pierre (dit Jipé) Le Bars à l’Office Culturel Scientifique et Technique Canaque afin d’apprendre différentes techniques (huile, aquarelle, encre de Chine) et de diversifier les supports. De 1984 à 1985, elle a organisé des ateliers d’art pour les enfants au Centre Récréatif de la jeunesse et a commencé à exposer et à vendre ses œuvres. Elle a été alors remarquée par le directeur de la galerie Galéria, qui organise régulièrement des expositions de ses œuvres depuis 1987. À partir de 1985, elle a commencé à dessiner des motifs inspirés par les bambous gravés qu’elle avait vus pour la première fois au Musée de Nouvelle-Calédonie. Elle a adopté la technique de la gravure et décidé de la mettre en œuvre sur d’autres supports comme la toile, l’écorce de banian, la carte à gratter, tout en utilisant l’aquarelle, l’acrylique et l’encre de Chine.
    En 1990, elle a participé à l’exposition collective Ko I Névâ. Micheline Néporon a reçu ensuite une bourse pour poursuivre pendant deux ans ses études à l’École des beaux-arts de Bordeaux et à l’École d’art et d’architecture de Marseille. En marge de l’exposition De jade et de nacre. Patrimoine artistique kanak à Paris en 1990, le Musée en Herbe au Centre Culturel de la Halle Saint-Pierre présenta une exposition sur son travail, Micheline Néporon, artiste kanak. Son séjour en France a marqué pour elle une nouvelle prise de conscience de la richesse de sa propre culture. Comme elle l’écrit: «En plongeant dans la culture occidentale, j’ai senti que j’avais une culture à moi: toute la pensée kanak et la manière de vivre de chez nous».
    En 1992, elle a participé au Festival des arts du Pacifique à Rarotonga, dans les îles Cook. De retour en Nouvelle-Calédonie, elle a passé un mois à Unia avec sa tribu, prenant part à toutes les activités quotidiennes et aux rituels, notamment ceux liés au deuil ou au mariage. Elle a décidé alors de faire revivre la technique traditionnelle des bambous gravés. Plutôt que de reproduire simplement à l’encre de Chine sur papier les motifs inspirés par des bambous gravés, comme elle le faisait depuis 1985, elle a rendu aux bambous kanak leur fonction primordiale en tant que supports pour des récits et des souvenirs. Pour elle, c’est une façon de renouveler le travail des anciens et de mettre au jour leurs techniques pour exprimer le monde changé des Kanak.
    Au cours des trente dernières années, cette artiste a exposé ses œuvres en Nouvelle-Calédonie, en France, en Nouvelle-Zélande, en Australie, au Mali, aux îles Cook et au Vanuatu. Son travail est présenté dans de nombreuses collections privées et publiques, y compris dans le fonds d’art contemporain kanak et océanien au Centre culturel Tjibaou à Nouméa, au MEG et au musée du quai Branly. Elle a développé un style personnel qui montre la coexistence de la tradition et de la modernité mais aussi leurs conséquences sur les modes de vie des Kanak d’aujourd’hui [...], comme on peut le voir sur l’un des quatre bambous de Micheline Néporon acquis par le MEG. Gravé en 2005et intitulé «Halte à l’alcool» par Micheline elle-même, il raconte une histoire commune qui se répète trop souvent sur les routes, non seulement en Nouvelle-Calédonie, mais partout dans le monde. Elle débute dans une banlieue HLM, décor suggéré par des immeubles dont l’apparence rigide tranche avec le paysage bucolique qu’ils côtoient, où une case traditionnelle rappelle que nous sommes en Nouvelle-Calédonie. En dessous, à côté d’un poste de radio portable crachotant ses décibels, un jeune couple danse, chacun tenant à la main une bouteille que la fille porte à sa bouche. À leurs pieds, des cannettes vides jonchent le sol. La suite de l’histoire montre un minibus encastré contre un arbre: à terre, une personne inanimée se voit prodiguer des soins improvisés par l’un de ses compagnons d’infortune. Deux secouristes accourent, portant un brancard. Un gendarme est également sur place. Un autre véhicule est retourné au pied d’un talus et ses occupants s’en extraient, affolés. Un hélicoptère s’approche. Le terrain, trop accidenté, ne permet sans doute pas d’intervenir autrement que par les airs.

1993

/ Nouvelle-Calédonie

Matière et technique

Encre

/ Aquarelle

/ Papier

/ Aquarelle

/ Dessin à l'encre

Mesures

Hauteur avec cadre en cm : 69

/ Largeur avec cadre en cm : 82

/ Epaisseur avec cadre en cm : 3

Hauteur de la feuille en cm : 50

/ Largeur de la feuille en cm : 65

Numéro d'inventaire

MNC 93.15.2

Date d'entrée / prise en charge du bien

07/07/1993

Description

Tableau peint à l'encre et à l'aquarelle sur papier, dans un style propre à l’artiste présentant six pêcheurs debout sur une pirogue à balancier, s'apprêtant à capturer un poulpe géant, munis de lances et de sagaies. Un des personnages dirige l'embarcation ; sur la plateforme au-dessus de la coque, on voit des femmes et des enfants assis, contemplant le spectacle. Sous la pirogue figurent aussi trois espadons, tandis qu'un oiseau (un martin pêcheur? est posé sur le haut du mât.

Fonctionnement et contexte

Cartel de l'exposition "Parcours iconographique"
En 2016 le musée de Nouvelle-Calédonie présente au rez-de-chaussée de sa salle d’exposition permanente une sélection de peintures et de dessins provenant de ses collections, en écho à l’exposition d’art contemporain « Jâwî » proposée par l’Agence de développement de la Culture Kanak – Centre Culturel Tjibaou, située en mezzanine.
Scène de pêche au poulpe*
Micheline Néporon (née en 1955)
1993
Nouvelle-Calédonie
Aquarelle et encre sur papier
Achat à l’auteur en 1993
MNC 93.15.2
Originaire de Yaté, dans le sud de la Grande Terre, Micheline Néporon interprète, souvent avec dérision et humour, des scènes inspirées de la vie quotidienne kanak.
Considérant que l’art peut constituer un moyen d’émancipation pour les femmes et un mode de transmission des valeurs culturelles traditionnelles pour les jeunes générations, Micheline Néporon s’attache à établir des ponts entre pratiques anciennes et approches contemporaines. Sans abandonner les bambous gravés et l’encre de chine sur papier, à l’origine de son œuvre, son art s’exprime également à travers des installations, la peinture – réalisée à l’acrylique sur de grands formats – et, tout récemment, la poterie.
« Toute ma démarche artistique s’attache à doter les pratiques ancestrales d’une dimension contemporaine » (Latitudes, 2005)
Un timbre de l’Office des Postes et Télécommunications de Nouvelle-Calédonie lui a été consacré en 1994, puis en 2010 avec une œuvre appartenant à l’ADCK-Centre Culturel Tjibaou. Elle a aussi représenté la Nouvelle-Calédonie en 2011 sur le carnet de 12 timbres-poste créé par la poste française pour l’année des Outre-mer.
Référence : Kasarhérou, Emmanuel (dir.) ; Tauru, Liliane ; Bladinières, Gilbert. Keen Jila, trésors de l’art contemporain océanien. Nouméa : ADCK-Centre culturel Tjibaou, 2009.
*Titre d’usage donné par le musée de Nouvelle-Calédonie

Inscriptions / marques

Signature

/ En bas à droite

/ (le long d'un espadon)

/ Micheline Néporon 93

Exposition

"Parcours iconographique du MNC" Musée de Nouvelle-Calédonie 06/07/2016 01/07/2019

"Entrevues sur Bambous kanak" Musée de Nouvelle-Calédonie 27/03/2010 04/10/2010